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Le capital immatériel : richesse des entreprise
Les entreprises des économies développées sont dans leur immense majorité constituées d’immatériel. Ainsi, une étude de la Banque mondiale révèle que 86% de l’économie française est immatérielle. Dans une « économie de la connaissance », qui va devoir tirer son épingle du jeu dans la compétition mondiale qui oppose pays développés et pays émergents, l’intérêt pour cette notion va croissant, des chercheurs et économistes aux investisseurs. L’Etat français, lui-même s’en préoccupe, avec la création en 2007 de l’Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat, qui valorise les brevets, les savoir-faire, les bases de données, les images publiques entre autres.
Cette notion aux contours mouvants a une grande influence sur la valorisation des entreprises. Depuis 25 ans déjà, et surtout depuis l’arrivée des normes IFRS les actifs incorporels et immatériels sont au bilan des sociétés. Certains actifs immatériels vont de soi : brevets, logiciels, portefeuilles de clients ou marques par exemple. D’autres ne sont pas immédiatement identifiés et évaluables par leur détenteur ou par le marché. Ainsi, des compétences et du capital humain, du niveau de R&D, des avantages concurrentiels, de la réputation, des processus et des méthodes de management, voire même du niveau d’intégration du développement durable dans les procédés ou du bonheur à travailler dans l’entreprise ! Ces actifs ne sont par ailleurs pas toujours directement la propriété de l’entreprise. Certaines modélisations incluent les stratégies relationnelles et concurrentielles de l’entreprise, la nature de ses clients, de ses fournisseurs, de ses concurrents, sa capacité à déployer une stratégie et ses parts de marchés.
L’analyse et l’évaluation de ces actifs sont particulièrement délicates. Pourtant elles sont essentielles ; ainsi, en 2006, 70% de la valeur comptable des entreprises du CAC 40 était composée d’actifs incorporels. Si la valorisation comptable classique inclut les actifs incorporels, des méthodes et des outils ont été développés, notamment dans le cadre de certaines due diligence pour valoriser d’autres actifs, comme l’attractivité ou le capital confiance de l’entreprise (analyse par les scénarios, options réelles, contextualisation du capital immatériel, etc.). D’autres approches cherchent à encourager la valorisation macroéconomique de l’économie immatérielle. Ainsi au Danemark, une loi votée en 2001 incite les entreprises à diffuser des informations et à communiquer sur leurs actifs immatériels. L’Union européenne recommande l’élaboration d’un rapport spécifique sur les actifs immatériels des entreprises.
Dans tous les cas, la valorisation seulement informationnelle puis concrète, dans le cadre d’une due diligence par exemple, de ces actifs devient cruciale et indispensable.
