Le regard de l’expert sur LA PERTE D’EXPLOITATION

Publié le 19/31/2017 | Par Thierry Madic

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Un sinistre perte d’exploitation oblige les experts à travailler dans l’urgence afin de limiter la période d’inactivité de l’entreprise, après avoir obtenu de l’assureur le versement rapide d’un acompte.

L’évaluation d’un dommage perte d’exploitation par les experts consiste à analyser en priorité 4 questions fondamentales :

Des facteurs « facilitateurs », d’autres moins…..

La première question concerne la période d’indemnisation. Ce délai est souvent estimé sur la base du délai « technique et commercial » : Combien de mois pour remplacer mon bâtiment industriel ? Combien de temps pour redéployer mon activité à pleine puissance après le redémarrage ? Combien pour retrouver la situation dans laquelle se serait trouvée l'entreprise sans le sinistre ? La période "standard "de 12 mois est souvent mise à mal dès lors que des parties prenantes extérieures influent sur la gestion du dossier : DREAL (directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement), préfecture, administrations gestionnaires des règles d’urbanisme….

Par ailleurs, l’analyse des données financières et du cycle d’exploitation amène l’expert à explorer la faisabilité de solutions alternatives : sous-traitance, mise en place d’une structure provisoire…L’objectif étant de trouver une solution pour permettre à l’entreprise de préserver son capital «clientèle». Et pour l’assureur de réaliser une économie substantielle.

Versement d’acompte : la quadrature du cercle

Plus globalement, le sinistre est un événement perturbateur pour le Besoin en Fonds de Roulement de l’entreprise. Quelles sont, dans ces conditions, les positions de l’assuré et de l’assureur ?

L’assuré connait comme beaucoup d’entreprise une dégradation de son niveau de trésorerie qui constitue un facteur de fragilité accentué par l’évènement « sinistre » (mouvement confirmé dans une note de l’INSEE du 3/7/2013). Il se tourne donc naturellement vers l’assureur pour pallier cette déficience en activant sa garantie « perte d’exploitation ». Ce mouvement est d’autant plus logique que son banquier tend à durcir son niveau d’engagement au contact du sinistre.

L’assureur apprécie, quant à lui, le risque d’engager ce versement au regard de la probabilité accentuée de défaillance de l’entreprise sinistrée. Raison pour laquelle il conditionne le plus souvent le versement de l’acompte à la reprise de l’activité, reprise qui nécessite forcément des ressources.

En pratique, le versement rapide d'acompte est la condition de survie de l’entreprise.

Pourtant, l'obtention par les assureurs du versement rapide d'un acompte est devenue la difficulté majeure…

Témoignage de Thierry MADIC, Directeur régional associé chez Expertises Gatlier : « Il faut aider l’entreprise à mettre en place une stratégie de crise »

« La problématique du règlement de sinistre pertes d’exploitation est de pouvoir très rapidement déterminer le niveau d’engagement probable que devra assumer l’assureur, aider à mettre en place une stratégie de crise et l’inscrire dans un cadre temporel. Ce premier aspect de la mission étant défini, le quotidien se doit également d’être suivi, le rôle de l’expert d’assuré s’inscrit alors dans sa capacité à anticiper les besoins de ressources et d’être en capacité de les négocier avec le représentant de la compagnie, exercice qui nécessite de réelles qualités de négociateur et de diplomatie ! ».

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